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“ÊTRE LE PLUS RAPIDE NE SIGNIFIE RIEN SI ON NE SAIT QUE SE PLAINDRE !” — Laurent Jalabert a suscité la polémique en critiquant publiquement Mathieu van der Poel, alors que l’équipe Alpecin-Deceuninck traverse une période difficile.

“ÊTRE LE PLUS RAPIDE NE SIGNIFIE RIEN SI ON NE SAIT QUE SE PLAINDRE !” — Laurent Jalabert a suscité la polémique en critiquant publiquement Mathieu van der Poel, alors que l’équipe Alpecin-Deceuninck traverse une période difficile.

kavilhoang
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Laurent Jalabert a suscité la polémique en critiquant publiquement Mathieu van der Poel, alors que l’équipe Alpecin-Deceuninck, désormais Alpecin-Premier Tech, traverse une période difficile. L’ancien champion français, connu pour sa franchise parfois tranchante, n’a pas mâché ses mots lors d’une intervention remarquée. Il a insinué que le champion néerlandais parlait plus qu’il n’agissait, qu’il n’aidait pas suffisamment son équipe à surmonter la crise actuelle et que sa tendance à penser constamment à d’autres courses ne faisait qu’empirer les choses.

Ces déclarations ont rapidement enflammé le monde du cyclisme, divisant les fans et les observateurs entre défenseurs de Van der Poel et ceux qui voient dans les propos de Jalabert une vérité inconfortable.

Le contexte est celui d’une saison printanière compliquée pour l’équipe belge. Après des années de domination éclatante sur les classiques, avec des victoires mémorables de Mathieu van der Poel à Milan-San Remo, au Tour des Flandres ou à Paris-Roubaix, les résultats récents ont été plus mitigés. Des crevaisons malvenues, une concurrence accrue de Tadej Pogacar et d’autres leaders, et une certaine lassitude perceptible ont marqué les dernières courses. Van der Poel, à 31 ans, reste un phénomène physique, capable de performances surhumaines, mais les critiques se multiplient sur son état d’esprit.

Jalabert, consultant réputé et voix respectée du cyclisme français, a pointé du doigt ce qu’il considère comme un excès de plaintes et une focalisation insuffisante sur le collectif.

« Être le plus rapide ne signifie rien si on ne sait que se plaindre ! » a lancé Jalabert, dans une formule qui a fait le tour des réseaux sociaux et des forums spécialisés. Pour l’ancien vainqueur de la Vuelta et multiple porteur du maillot vert, le cyclisme d’aujourd’hui exige plus qu’une simple supériorité athlétique. Il faut de la résilience mentale, un engagement total pour l’équipe et une capacité à transformer les difficultés en opportunités.

En visant directement Van der Poel, Jalabert rappelle que le Néerlandais, malgré son talent exceptionnel, a parfois tendance à exprimer ouvertement ses frustrations : crevaisons, conditions météo, stratégies adverses ou récupération insuffisante. Des déclarations qui, selon lui, minent le moral du groupe et distraient de l’objectif principal.

Cette sortie intervient alors que l’équipe Alpecin-Premier Tech connaît des remous. Le départ de Deceuninck comme sponsor principal et l’arrivée de Premier Tech marquent une nouvelle ère, mais les résultats ne suivent pas toujours. Jasper Philipsen, le sprinteur star, peine à retrouver son meilleur niveau sur certaines courses, tandis que les soutiens autour de Van der Poel semblent moins efficaces qu’auparavant. Des coureurs ont quitté le navire pour chercher plus de liberté ailleurs, soulignant une dynamique interne peut-être trop centrée sur le leader néerlandais.

Jalabert n’hésite pas à y voir un lien direct avec l’attitude de Van der Poel, qui, selon lui, passe trop de temps à anticiper d’autres objectifs majeurs – comme le Tour de France ou des classiques futures – au détriment de l’investissement immédiat.

Pourtant, Mathieu van der Poel n’est pas n’importe quel coureur. Petit-fils de Raymond Poulidor, fils d’Adrie van der Poel, il incarne une lignée de champions. Sa polyvalence reste inégalée : cyclo-cross, route, classiques pavées. Ses victoires en solitaire sur les pavés de Roubaix ou dans les montées du Poggio à Milan-San Remo restent gravées dans les mémoires. En 2025 et début 2026, il a continué à briller par moments, terminant souvent dans les premiers rangs malgré les aléas. Mais Jalabert insiste : le talent pur ne suffit plus quand l’équipe traverse une zone de turbulences.

« Parler, c’est bien, mais agir pour le collectif, c’est mieux », semble-t-il suggérer entre les lignes.

La réaction du monde du cyclisme n’a pas tardé. Sur les réseaux, les supporters de Van der Poel défendent leur idole, rappelant ses exploits et sa capacité à rebondir. D’autres, plus critiques, estiment que Jalabert touche un point sensible. Le cyclisme moderne est un sport d’équipe, même pour les individualités les plus fortes. Un leader qui se plaint publiquement peut démotiver ses coéquipiers, déjà soumis à une pression énorme. Des voix comme celle de Philippe Gilbert ou d’autres anciens ont rappelé des cas similaires où des stars trop centrées sur elles-mêmes ont vu leur équipe s’essouffler.

Jalabert, lui, parle d’expérience. Sa carrière fut marquée par des hauts et des bas, des victoires éclatantes et des périodes de doute. En tant que commentateur, il n’hésite jamais à dire ce qu’il pense, quitte à froisser. Sa critique n’est pas gratuite : elle vise à réveiller un champion qu’il admire par ailleurs. Van der Poel a souvent montré une mentalité de guerrier, notamment dans ses duels épiques contre Wout van Aert ou Pogacar. Mais dans une équipe en difficulté, cette force doit se transformer en leadership positif, pas en lamentations répétées.

Au-delà de la polémique, cette affaire pose des questions plus larges sur le cyclisme contemporain. Les coureurs d’aujourd’hui sont-ils trop exposés médiatiquement ? Les réseaux sociaux amplifient-ils chaque plainte, chaque frustration ? Van der Poel, avec son charisme et sa sincérité, est une figure populaire, mais cela le rend aussi vulnérable aux critiques. Son équipe doit trouver un équilibre : protéger son leader tout en exigeant plus de cohésion. Les prochaines classiques, comme le Tour des Flandres ou Paris-Roubaix 2026, seront un test crucial. Une victoire effacerait bien des doutes ; une nouvelle déconvenue relancerait les débats.

Jalabert a ouvert une boîte de Pandore. Ses mots résonnent parce qu’ils touchent à l’essence du sport : l’effort collectif prime sur l’individualisme, même chez les plus grands. Van der Poel, silencieux pour l’instant sur cette affaire, aura sûrement l’occasion de répondre sur la route. Car au final, comme le dit si bien le titre de cette controverse, être le plus rapide ne sert à rien si l’on ne sait que se plaindre. Le cyclisme attend des champions qui inspirent, pas seulement qui gagnent. L’avenir de l’équipe Alpecin-Premier Tech, et peut-être la légende de Van der Poel, en dépendent.